Les exportations du Golfe reprennent, le risque pétrolier demeure

Les exportations de brut du Moyen-Orient ont brièvement dépassé leurs niveaux d’avant-guerre, ramenant le Brent vers 101 $. Les attaques et les tensions sur les produits raffinés maintiennent toutefois le risque.

Graphique FRED du prix quotidien au comptant du pétrole brut Brent

Les exportations de brut du Moyen-Orient ont dépassé leur moyenne d’avant-guerre pendant quatre des sept jours de la dernière semaine de septembre, atténuant le risque de pénurie immédiate malgré la poursuite des attaques contre les navires commerciaux. Les données provisoires de Kpler citées par Reuters situent les exportations régionales entre 19,5 et 22,5 millions de barils par jour les 24 et 27–29 septembre. La moyenne sur sept jours atteignait 18,5 millions de barils par jour le 1er octobre, contre environ 18 millions avant le conflit.

Le pétrole a reculé, ces données réduisant la probabilité d’un manque aigu. Le Brent évoluait près de 101,20 dollars et le WTI autour de 89,73 dollars le 5 octobre, sous la clôture du Brent vendredi proche de 102,25 dollars. L’offre de brut s’est améliorée, mais les risques logistiques et ceux portant sur les produits raffinés ne sont pas normalisés.

Un titre à nuancer

Le total de Kpler couvre les exportations du Moyen-Orient via le détroit d’Ormuz et la mer Rouge, les chargements de terminaux et les transferts navire à navire dans le golfe d’Oman. Il est donc plus large que le seul trafic direct dans le détroit. Affirmer que l’ensemble des flux d’Ormuz dépasse la normale irait au-delà des données disponibles.

La moyenne sur sept jours du brut, des produits pétroliers, des produits chimiques et des autres liquides hors gaz atteignait 22,4 millions de barils par jour au 30 septembre. Les cargaisons de GNL sortant d’Ormuz ont également atteint en septembre leur plus haut niveau mensuel depuis février. Producteurs et armateurs ont restauré une partie des capacités grâce aux escortes, aux infrastructures de contournement et à des solutions opérationnelles.

Pourquoi la prime de risque subsiste

L’agence britannique UK Maritime Trade Operations a signalé au moins une attaque par jour dans le détroit d’Ormuz ou le golfe d’Aden à partir du 2 octobre. Même lorsque le brut arrive, les attaques renchérissent les assurances, les équipages et le fret, réduisent la disponibilité des navires et élargissent les écarts régionaux.

La hausse des exportations ne garantit pas la normalisation des produits raffinés. La disponibilité des raffineries, les flux de diesel et les stocks déterminent si le brut peut être transformé et livré. Un marché peut donc disposer de suffisamment de brut tout en conservant des marges élevées sur les carburants.

Conséquences pour les investisseurs

Producteurs : la reprise des volumes soutient les ventes mais réduit la prime de rareté du Brent. Les flux de trésorerie dépendront des prix réalisés et de l’accès opérationnel, pas seulement du benchmark.

Raffineurs et transporteurs : des marges élevées sur le diesel ou le fret peuvent soutenir les raffineurs tout en pénalisant compagnies aériennes, transporteurs routiers et industriels. L’effet boursier varie fortement selon la place dans la chaîne de valeur.

Inflation et taux : un Brent proche de 100 dollars reste inflationniste même sans nouveau choc d’offre. Des coûts durables de transport et de produits raffinés peuvent ralentir la désinflation et maintenir la prime de terme obligataire.

Scénarios

Le scénario haussier repose sur de nouvelles perturbations maritimes, une baisse de la disponibilité des tankers ou de nouveaux dommages aux infrastructures. Le scénario baissier suppose une reprise durable des exportations, moins d’attaques, un recul des assurances et une demande plus faible. Les données actuelles ne justifient ni une normalisation complète ni une pénurie physique imminente.

Les indicateurs à suivre

  • la moyenne d’exportation sur sept jours plutôt que les pics quotidiens ;
  • les transits directs par Ormuz face aux volumes de contournement et de transfert ;
  • les incidents UKMTO, les assurances et le fret maritime ;
  • les marges sur le diesel, l’utilisation des raffineries et les stocks ;
  • la courbe à terme du Brent et l’évolution des stocks mondiaux ;
  • la persistance de la reprise des exportations en octobre.

Sources : Reuters, 5 octobre 2026 ; OilPrice.com, cours du 5 octobre 2026. Les prix sont horodatés et peuvent avoir évolué.

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Contenu informatif uniquement. Ceci n’est pas un conseil financier, d’investissement ou de trading. Les aperçus utilisent des données d’exemple.