Comment screener les actions PEA et backtester sa stratégie
Le PEA donne accès à plusieurs centaines d'actions européennes. Plutôt que de chercher au hasard, voyons comment construire une méthode reproductible pour filtrer les actions éligibles au PEA, les classer selon plusieurs critères fondamentaux et tester historiquement la sélection obtenue.
- nous partons uniquement des actions éligibles au PEA ;
- nous les classons selon 4 grandes familles de critères ;
- nous retenons le Top 20 du screener ;
- nous simulons un portefeuille équipondéré avec rééquilibrage annuel ;
- nous comparons le résultat au STOXX Europe 600.
1. Le vrai problème : trouver où chercher
Lorsqu'on investit via un PEA, le problème n'est pas forcément de trouver une entreprise intéressante.
Le plus difficile est souvent de savoir où concentrer son analyse parmi un vaste univers de sociétés européennes.
C'est précisément le rôle d'un screener : partir de critères définis à l'avance et les appliquer de manière homogène à tout l'univers d'investissement.
2. Commencer par l'univers réellement éligible au PEA
Un screener mondial peut faire ressortir Apple, Microsoft, Nvidia ou d'autres excellentes entreprises. Mais cela ne répond pas au problème si l'objectif est de construire un portefeuille au sein d'un Plan d'Épargne en Actions.
Dans PrimeStrider, l'éligibilité peut directement devenir un filtre de recherche. Dans notre exemple, nous activons simplement PEA, puis nous laissons le screener classer les entreprises correspondant à nos critères.
3. Transformer son style d'investissement en critères
Nous allons utiliser ici une combinaison relativement équilibrée, avec un biais volontaire vers la qualité et la croissance.
L'objectif n'est donc pas simplement de trouver les actions affichant le PER le plus faible ou la croissance la plus forte.
Nous cherchons des entreprises offrant un compromis entre qualité, croissance, valorisation et dynamique de marché.
Le screener ne cherche pas à décider quelles actions acheter. Il permet surtout de passer de centaines de sociétés à une liste restreinte d'entreprises à analyser.
4. Pourquoi ne pas simplement utiliser le PER ?
Prenons un indicateur très populaire : le ratio cours / bénéfice, ou PER.
Un PER faible peut indiquer une entreprise sous-évaluée. Mais il peut également refléter un business en déclin, un pic temporaire de bénéfices, une activité très cyclique ou des perspectives dégradées.
Une combinaison de critères permet de formuler une véritable hypothèse d'investissement.
Il en va de même avec la croissance. Une entreprise affichant une croissance exceptionnelle peut être intéressante, mais beaucoup moins si cette croissance est déjà intégrée dans une valorisation extrêmement élevée.
Une approche multi-facteurs permet donc de confronter plusieurs dimensions plutôt que de dépendre d'un seul chiffre.
5. Du screener au Top 20
Une fois les critères appliqués, PrimeStrider calcule le classement correspondant à l'hypothèse choisie.
Pour cet exemple, nous allons retenir les 20 premières entreprises.
PEA
fondamentaux
multi-facteurs
20
Ce fonctionnement possède un avantage important : la règle est définie avant d'observer individuellement les entreprises.
On réduit ainsi la tentation de sélectionner uniquement les actions que l'on connaît déjà ou celles dont l'histoire semble particulièrement séduisante.
6. Backtester directement le Top du screener
Une bonne sélection sur le papier ne suffit évidemment pas. On peut ensuite vouloir observer comment un portefeuille construit selon cette logique se serait comporté historiquement.
Depuis PrimeStrider, la sélection peut être envoyée directement vers le moteur de backtest avec Backtest Top.
Nous retenons les vingt premières actions générées par le screener.
Chaque position reçoit ici 5 % du capital initial.
Nous utilisons dans cet exemple un rééquilibrage annuel.
Le portefeuille est comparé ici au STOXX Europe 600.
7. Que montre le backtest dans cet exemple ?
Avec un capital initial fictif de 100 000 €, le portefeuille simulé atteint environ 301 000 € à la fin de la période testée.
| Indicateur | Top 20 PEA | STOXX Europe 600 |
|---|---|---|
| Performance totale | +201,2 % | +52,3 % |
| CAGR | 39,5 % | 13,6 % |
| Max drawdown | -8,6 % | -16,3 % |
| Volatilité | 11,0 % | 12,8 % |
| Ratio de Sharpe | 3,20 | 1,10 |
Les résultats sont spectaculaires sur cette simulation, mais ils ne signifient absolument pas qu'une stratégie similaire produira la même performance à l'avenir.
Dans cet exemple, la période exploitable est notamment limitée à environ 3,3 ans par l'historique disponible pour l'un des titres. C'est une période courte pour évaluer une stratégie de long terme.
8. Ce qu'un backtest peut réellement vous apprendre
Le chiffre final est naturellement celui qui attire le plus l'attention. Mais ce n'est pas nécessairement la donnée la plus utile.
9. Attention aux biais de backtest
Pour utiliser correctement ce type d'outil, il faut également comprendre certaines limites.
Le choix de la période
Une stratégie peut être très performante dans un environnement de marché particulier et beaucoup moins adaptée dans un autre.
Le sur-ajustement
Modifier encore et encore les paramètres jusqu'à obtenir le meilleur graphique historique est tentant. Mais plus on optimise une stratégie sur le passé, plus on risque de simplement expliquer ce passé plutôt que de construire une logique robuste.
Les informations disponibles dans le temps
Il faut également distinguer un portefeuille constitué aujourd'hui puis projeté historiquement d'une véritable simulation point-in-time dans laquelle les classements sont reconstruits uniquement à partir des informations réellement disponibles à chaque date.
Cette distinction est essentielle pour éviter les biais d'anticipation (look-ahead bias).
10. Tester la robustesse plutôt que chercher le backtest parfait
Une approche plus saine consiste à modifier légèrement les hypothèses et à observer si la logique générale reste cohérente.
Le but est de tester si une idée d'investissement reste cohérente dans plusieurs configurations raisonnables.
11. Du stock picking intuitif à une méthode reproductible
Beaucoup d'investisseurs commencent par une entreprise qu'ils connaissent : ils entendent parler du titre, consultent quelques analyses, regardent le graphique puis décident s'il mérite une place dans leur portefeuille.
Cette méthode peut parfaitement fonctionner, mais elle introduit un biais : on analyse surtout les entreprises auxquelles on pense déjà.
Le screener permet d'inverser le raisonnement.
Qualité, croissance, valorisation, momentum, dividendes, taille, secteur...
Les entreprises sont comparées sur une base homogène.
Y compris des sociétés que l'on n'aurait probablement jamais recherchées spontanément.
Le scoring sert de point de départ, pas de recommandation automatique.
12. Une méthode simple pour rechercher des actions PEA
En pratique, une démarche de screening peut se résumer ainsi :
Univers
Critères
Classement
Analyse
Backtest
Cette méthode ne permet évidemment pas de connaître les gagnants de demain. Elle permet en revanche de transformer une idée relativement vague comme :
…en une hypothèse explicite, quantifiable et testable.
Construisez votre propre screener PEA
Modifiez les filtres, ajustez les pondérations Quality, Growth, Valuation et Momentum, explorez les actions éligibles au PEA puis backtestez directement votre sélection.
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