L'administration Trump prévoit de finaliser le 28 septembre des normes américaines d'économie de carburant nettement moins strictes. Donald Trump a déclaré samedi avoir approuvé le texte, mais les investisseurs doivent distinguer cette annonce de la publication réglementaire finale. Au 27 septembre, la page publique de la NHTSA présente encore la réforme comme la proposition SAFE III.
Le dispositif proposé réviserait rétroactivement les normes du millésime 2022, puis n'imposerait qu'une hausse annuelle de 0,25 % à 0,5 % jusqu'en 2031. La NHTSA projette alors une moyenne d'environ 34,5 miles par gallon pour les véhicules légers en 2031, contre près de 50,4 mpg sous la norme précédente.
Pourquoi ce recul réglementaire compte
L'effet immédiat est réglementaire et comptable ; il ne provoquera pas une hausse soudaine de la demande d'essence. Les constructeurs gagnent de la flexibilité sur la composition de leurs gammes et leurs dépenses de conformité, notamment pour les pick-up, SUV, hybrides et modèles thermiques. Le ministère des Transports estime que la réforme réduira le prix des véhicules neufs, mais son analyse prévoit aussi une consommation de carburant et des émissions de CO₂ plus élevées à long terme.
Ce compromis est particulièrement important alors que les carburants restent chers aux États-Unis. Un prix d'achat plus faible peut soutenir l'accessibilité, mais un coût d'usage supérieur peut en annuler une partie et maintenir la demande pour les véhicules économes.
Effets sur les secteurs et les résultats
| Secteur | Effet favorable potentiel | Contrepoids |
|---|---|---|
| Constructeurs américains | Plus de flexibilité et moins de pression de conformité | Concurrence mondiale des VE, coûts industriels et risque politique |
| Équipementiers | Durée de vie prolongée des programmes thermiques et hybrides | Ralentissement possible des batteries et de l'électronique de puissance |
| Raffineurs et distributeurs | Des gains d'efficacité plus lents peuvent soutenir la demande à long terme | Effet progressif, dominé à court terme par les prix et les kilomètres parcourus |
| Constructeurs de VE | Les prix élevés du carburant soutiennent encore l'efficacité | Une incitation réglementaire plus faible peut intensifier la concurrence sur les prix |
Ce que le marché peut sous-estimer
Un assouplissement fédéral ne remet pas à zéro le cycle produit mondial. Les groupes automobiles vendent toujours dans des régions aux normes plus strictes, et la demande dépend des taux de financement, du prix des carburants et du coût total de possession. Les plateformes étant planifiées plusieurs années à l'avance, les directions pourraient rééquilibrer les investissements plutôt qu'abandonner l'électrification.
La lecture haussière pour les constructeurs traditionnels est une baisse de la pression réglementaire à court terme et davantage de liberté pour privilégier les pick-up et les hybrides rentables. La lecture baissière est qu'un ralentissement des investissements dans les VE affaiblisse leur compétitivité face aux groupes chinois et européens, tandis qu'un futur gouvernement ou un recours en justice pourrait rétablir les coûts de conformité.
Indicateurs à surveiller
Il faudra examiner le traitement des crédits de conformité, la classification des flottes et le calendrier des millésimes dans le texte final ; les contentieux et réactions des États ; les prévisions d'investissement des constructeurs ; la répartition des motorisations aux États-Unis ; et la consommation d'essence par véhicule-kilomètre. Ces détails détermineront l'effet réel sur les résultats.
Image : NHTSA. Sources : proposition SAFE III de la NHTSA ; Reuters, 26 septembre 2026.