Le dollar américain a reculé d’un sommet de 18 mois le 15 octobre, malgré une inflation plus forte qui avait ravivé les anticipations de hausse des taux de la Réserve fédérale. En début de séance, l’indice dollar perdait environ 0,1 % à 102,06. L’euro remontait vers 1,1187 dollar et la livre vers 1,3224 dollar.
Ce mouvement montre que le dollar ne dépend pas uniquement de la prochaine décision de taux. La hausse des obligations du Trésor a ramené le rendement à 10 ans vers 5,13 % et celui à 30 ans vers 5,48 %, réduisant le soutien immédiat apporté par les taux malgré une inflation ferme.
Le signal d’inflation reste restrictif
Selon le Bureau of Labor Statistics, l’indice des prix à la consommation a augmenté de 0,6 % sur un mois et de 3,7 % sur un an en septembre. L’inflation sous-jacente a progressé de 0,3 % sur le mois et de 2,6 % sur 12 mois. L’énergie explique une grande partie de l’accélération : l’essence a gagné 9,1 % sur le mois, contre 0,4 % pour le logement.
Ces chiffres ont d’abord porté la probabilité implicite d’une hausse en octobre autour de 50 %, selon Reuters. Des propos plus prudents de responsables de la Fed ont ensuite réduit la conviction du marché. La prochaine réunion du FOMC se tiendra les 27 et 28 octobre.
Pourquoi le dollar a tout de même baissé
Trois facteurs expliquent ce repli. La demande d’obligations a d’abord fait retomber les rendements après leur hausse post-inflation. Ensuite, des taux longs élevés peuvent freiner l’activité et accomplir une partie du travail de la Fed. Enfin, après un sommet de 18 mois, les positions acheteuses sur le dollar étaient vulnérables à des prises de bénéfices dès que l’impulsion des taux s’est atténuée.
Il ne s’agit pas encore d’une tendance baissière durable. Le dollar reste soutenu par des rendements américains élevés et une inflation résistante. Une reprise des taux réels, une consommation plus forte ou une communication plus ferme de la Fed pourraient rapidement inverser le mouvement.
Conséquences pour les autres actifs
| Scénario | Dollar | Effet probable |
|---|---|---|
| Inflation persistante et signal de hausse de la Fed | Nouveau test du sommet récent | Pression sur les actifs longs, les matières premières et certaines devises émergentes |
| Baisse des rendements avec ralentissement | Affaiblissement progressif | Soutien à la liquidité mondiale et aux revenus étrangers des multinationales américaines |
| Choc d’aversion au risque | Réaction incertaine | La recherche de sécurité peut soutenir à la fois les obligations et le dollar |
Un dollar plus faible peut soutenir les matières premières libellées en dollars et réduire la contrainte de financement externe de certains marchés émergents. Il peut aussi améliorer la conversion des revenus étrangers des entreprises américaines. Tout dépend toutefois de la cause : désinflation ordonnée ou dégradation de la croissance.
Les indicateurs à suivre
- Les prix à la production, les ventes au détail et les inscriptions au chômage pour confirmer ou infirmer le signal de l’IPC.
- Les rendements du Trésor à deux et dix ans, plutôt que le seul indice dollar.
- La communication de la Fed avant la réunion des 27 et 28 octobre.
- La capacité du dollar à rester sous son pic post-IPC lorsque la volatilité boursière évolue.
Le risque demeure dans les deux sens. Une inflation élevée soutient un scénario restrictif, mais la baisse des taux longs peut priver le dollar d’élan. Les conclusions doivent donc reposer sur des données datées de taux et d’inflation, non sur une seule séance.
Sources : Bureau of Labor Statistics ; calendrier de la Réserve fédérale ; Reuters, 15 octobre 2026.