Un rendement de 6 % sur le Treasury américain à 10 ans est un scénario de risque, pas le niveau actuel. Le taux de référence évoluait autour de 5,29 % le 9 octobre, après avoir atteint 5,34 % la semaine précédente, son plus haut depuis 2002. Dan Ivascyn, directeur des investissements de PIMCO, estime qu'un passage à 6 % est possible à court terme si la hausse du pétrole, les inquiétudes sur la dette publique et les ventes forcées des investisseurs à effet de levier se renforcent mutuellement.
Pourquoi les rendements montent
Le 10 ans a gagné près de 120 points de base en 2026. Les coûts énergétiques ravivent le risque d'inflation, tandis que l'abondance des émissions du Trésor accroît la rémunération exigée pour détenir de la duration. Les facteurs techniques comptent également : les rachats de positions et les désengagements de fonds peuvent accélérer la baisse des obligations sans changement équivalent des perspectives de croissance.
Il s'agit donc d'une hausse de la prime de terme et d'un effet d'offre qui s'ajoutent à la politique monétaire. Un taux de 6 % serait le plus élevé depuis 2000, mais ce n'est pas une certitude. Rupert Harrison, conseiller senior chez PIMCO, a parallèlement jugé les Treasuries attractifs après leur correction, signe que le calendrier reste débattu.
Effets sur les actions, le crédit et l’économie
Le 10 ans sert de référence aux prêts immobiliers, au financement des entreprises et aux taux d'actualisation des actions. Selon Ivascyn, un niveau de 5,5 % ou plus pourrait affaiblir sensiblement le crédit et les actions. Les valeurs de croissance à duration longue sont particulièrement sensibles, tandis que les banques ne bénéficient de rendements d'actifs supérieurs que si leurs coûts de financement et leurs pertes sur crédit restent contenus.
Des taux plus élevés renchérissent aussi le refinancement des entreprises endettées et de l'État fédéral. La boucle est double : inflation et déficits peuvent maintenir les taux hauts, mais un ralentissement du logement, de l'investissement et de l'emploi finirait par les faire baisser.
Ce qu’il faut surveiller
- Le 10 ans nominal et les rendements réels indexés sur l'inflation
- Le pétrole et les anticipations d'inflation
- La demande aux adjudications du Trésor et la prime de terme
- Les spreads de crédit et les multiples boursiers
- Les signes de désendettement des fonds à effet de levier
Le scénario haussier pour les obligations suppose que des rendements supérieurs à 5 % attirent les investisseurs de long terme. Le risque baissier est qu'inflation, offre budgétaire et ventes désordonnées poussent d'abord le marché vers 6 %.
Sources : Reuters, 9 octobre 2026 ; Reuters, 6 octobre 2026.