Dollar au plus haut depuis 17 mois face à la baisse de l’euro

Le dollar atteint un sommet de 17 mois face à l’euro, soutenu par la prime de terme et le risque budgétaire français. L’emploi américain et les spreads souverains seront les prochains tests.

Graphique FRED de l’indice large du dollar américain pondéré par les échanges

Le dollar américain évoluait près d’un sommet de 17 mois face à l’euro le 2 octobre, la correction obligataire mondiale, la hausse du pétrole et les inquiétudes budgétaires françaises favorisant les actifs américains liquides. Reuters situait l’euro à 1,1237 dollar, proche de son plus bas depuis mai 2025, tandis que l’indice dollar atteignait 101,93 et se dirigeait vers une troisième hausse hebdomadaire consécutive. Le mouvement ne se résume pas aux anticipations sur la Réserve fédérale : prime de terme, risque souverain et demande défensive se renforcent mutuellement.

Les moteurs du mouvement

Le rendement du Treasury à 10 ans a atteint 5,344 % le 1er octobre, son niveau le plus élevé depuis 2002, avant de revenir à 5,247 % le lendemain. Le pétrole cher a ravivé le risque d’inflation, mais la sous-performance des obligations françaises et italiennes révèle aussi une prime de risque budgétaire européenne. Un dollar soutenu par la croissance américaine n’a pas les mêmes effets qu’un dollar porté par l’aversion au risque.

Les anticipations immédiates sur la Fed sont pourtant devenues moins restrictives après une inflation américaine plus faible. Selon les données CME citées par Reuters, la probabilité d’un statu quo en octobre est passée de 36 % à 72 % en une semaine. Le maintien de taux longs élevés malgré ce mouvement suggère un rôle croissant de la prime de terme, des émissions souveraines et de l’incertitude budgétaire.

Conséquences pour les portefeuilles

Actions : un dollar fort réduit la conversion des bénéfices étrangers des multinationales américaines et durcit les conditions financières pour les emprunteurs en dollars. Les exportateurs européens peuvent bénéficier du change, mais cet avantage serait limité si les tensions budgétaires pèsent sur la demande.

Obligations et banques : des rendements longs plus élevés améliorent le revenu de réinvestissement, mais provoquent des moins-values et renchérissent le refinancement. Les banques n’en profitent que si le rendement des actifs compense le coût des dépôts, le risque de crédit et les pertes sur titres.

Matières premières et émergents : la hausse du dollar pèse généralement sur les matières premières libellées en dollars et sur les emprunteurs non couverts. Le pétrole fait actuellement exception, car le choc énergétique contribue lui-même à la hausse des taux et du dollar.

Scénarios haussier et baissier

Le scénario haussier pour le dollar repose sur un élargissement des spreads européens, des taux réels américains attractifs et une préférence persistante pour la liquidité du Treasury. Le scénario baissier suppose un net ralentissement de l’emploi américain, un recul du pétrole, une Fed plus accommodante ou des mesures budgétaires françaises crédibles.

Les indicateurs à suivre

  • l’emploi américain, le chômage et les salaires ;
  • le taux réel à 10 ans et la prime de terme ;
  • les spreads français et italiens face au Bund ;
  • les anticipations de Fed pour octobre et la fin d’année ;
  • le pétrole et les anticipations d’inflation ;
  • l’élargissement éventuel de la hausse du dollar au-delà des devises européennes.

Source : Reuters, mise à jour du 2 octobre 2026. Les niveaux de marché et probabilités monétaires sont horodatés et peuvent avoir évolué.

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Contenu informatif uniquement. Ceci n’est pas un conseil financier, d’investissement ou de trading. Les aperçus utilisent des données d’exemple.