Le dollar proche d’un pic de deux mois avec le pétrole

L’indice dollar évolue près de 101,15 alors que le contrat de novembre sur le Brent dépasse 106 $ et que le marché chiffre à 65 % la probabilité d’une hausse de la Fed en octobre.

Indice large du dollar américain pondéré par les échanges, publié par la Réserve fédérale

L’indice dollar a progressé à 101,15 le 28 septembre, près d’un sommet de deux mois, et s’orientait vers une hausse de 1,7 % sur le mois. L’euro reculait à 1,1379 $, la livre à 1,3232 $ et le yen à 157,7 pour un dollar. Le catalyseur immédiat associe un contrat de novembre sur le Brent supérieur à 106 $, des données américaines solides et des rendements du Trésor élevés.

Pour les investisseurs, le pétrole soutient surtout le dollar par le canal monétaire. Une énergie plus chère renforce le risque d’inflation à court terme, maintient les taux américains élevés et accroît l’avantage de rendement du billet vert. Cette relation n’est toutefois ni permanente ni mécanique : si le pétrole finit par freiner davantage la croissance américaine, le soutien peut s’inverser.

La toile de fond monétaire a déjà changé

Le 16 septembre, la Réserve fédérale a relevé à l’unanimité son taux directeur de 25 points de base, dans une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, en soulignant que l’inflation restait élevée. Ses projections médianes de septembre placent l’inflation PCE 2026 à 3,7 %, l’inflation sous-jacente à 3,4 % et le taux directeur approprié en fin d’année à 4,1 %.

Dans ce contexte, un nouveau choc pétrolier pèse davantage que dans un régime de faible inflation. Selon les probabilités CME FedWatch citées par Reuters, le marché évaluait à 65 % la possibilité d’une nouvelle hausse lors de la réunion des 27 et 28 octobre. L’indice PCE mercredi et l’emploi américain vendredi seront les prochains tests.

Transmission aux portefeuilles

  • Devises : l’écart de rendement et la demande de valeur refuge soutiennent le dollar ; les monnaies des pays importateurs d’énergie subissent aussi une détérioration des termes de l’échange.
  • Obligations et actions : la hausse des anticipations d’inflation et des taux réels pèse sur les actifs de longue duration, notamment les valeurs de croissance chèrement valorisées.
  • Résultats d’entreprises : un dollar fort réduit la conversion des revenus étrangers des multinationales américaines, tandis que les importateurs gagnent en pouvoir d’achat.
  • Marchés émergents : le renchérissement du dollar durcit les conditions financières pour les emprunteurs endettés dans cette devise et peut alimenter les sorties de capitaux.

Scénarios haussier et baissier

Scénario haussier : une perturbation pétrolière durable, une activité américaine résiliente et une nouvelle surprise inflationniste valideraient un resserrement supplémentaire. Une escalade géopolitique renforcerait aussi la demande de valeur refuge.

Scénario baissier : la réouverture d’Ormuz, des créations d’emplois plus faibles ou la preuve que les taux élevés freinent la demande réduiraient la probabilité d’une hausse. Après un mois de septembre solide, un simple résultat conforme aux attentes pourrait provoquer des prises de bénéfices.

Les prochains indicateurs

Il faut suivre le rendement du Treasury à deux ans, la courbe du Brent, la probabilité implicite d’une hausse en octobre et l’ampleur du mouvement du dollar. Une progression limitée à quelques devises faibles est moins robuste qu’un mouvement confirmé sur les marchés développés et émergents. Le PCE et l’emploi indiqueront si le choc énergétique prolonge une tendance inflationniste déjà ferme ou ajoute seulement de la volatilité.

Sources : Reuters, 28 septembre 2026 ; communiqué de la Réserve fédérale du 16 septembre 2026 ; projections économiques de septembre 2026 ; indice large du dollar via FRED.

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