Les actions mondiales ont terminé une semaine mouvementée en légère hausse, alors même que les principales banques centrales renforçaient leur lutte contre l’inflation. Le 18 septembre, l’indice mondial MSCI a gagné 0,07 % ; le S&P 500 a progressé de 0,17 % et le Nasdaq Composite de 0,40 %, tandis que le Dow a cédé 0,18 % et que les actions européennes ont perdu 1,1 %.
Le message du marché est celui de la résilience, pas du confort. Les actions ont absorbé une hausse de taux de la Réserve fédérale et une autre de la Banque du Japon, mais les rendements souverains restent assez élevés pour concurrencer les actions et pénaliser les valorisations de longue duration. Mieux vaut regarder la dispersion croissante entre secteurs, régions et qualité des bilans que la faible hausse des indices.
Un durcissement monétaire synchronisé
Le 16 septembre, la Réserve fédérale a relevé de 25 points de base sa fourchette cible, à 3,75 %–4,00 %, sa première hausse depuis trois ans. Le FOMC a jugé l’inflation toujours élevée et a adopté la décision à l’unanimité, par 12 voix contre 0.
Le 18 septembre, la Banque du Japon a porté son taux directeur à 1,25 %, son plus haut niveau en 31 ans, par 7 voix contre 2. La Banque d’Angleterre a maintenu ses taux, tout en avertissant qu’un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait imposer un resserrement. La Banque centrale européenne avait déjà relevé son taux de dépôt à 2,5 % et laissé la porte ouverte à de nouvelles mesures.
| Signal de marché | Niveau du 18 septembre | Enjeu pour l’investisseur |
|---|---|---|
| Actions mondiales MSCI | +0,07 % | L’appétit pour le risque tient, mais la participation reste limitée. |
| Rendement du Treasury américain à 10 ans | Environ 5,00 % | Des taux d’actualisation plus élevés fragilisent les actions chères. |
| Brent | 103,87 dollars le baril, près de -1 % | Un peu de répit sur l’inflation, mais une énergie toujours coûteuse. |
| USD/JPY | Environ 156,76 ; yen en baisse de 0,5 % | La hausse des taux ne met pas fin aux tensions de change. |
Pourquoi les actions peuvent monter avec les taux
Une progression modeste des actions peut coexister avec une politique plus restrictive si les investisseurs pensent que les banques centrales préservent leur crédibilité sans dégrader immédiatement les bénéfices. Aux États-Unis, la technologie et l’industrie ont mené les gains, tandis que les matériaux, les services aux collectivités et l’immobilier ont reculé. Le marché récompense ainsi la visibilité des résultats et la solidité des bilans, tout en sanctionnant les flux de trésorerie sensibles aux taux.
Le scénario favorable suppose que l’activité réelle et les profits résistent à quelques hausses supplémentaires. Le scénario défavorable est qu’un rendement obligataire proche de 5 % relève le taux minimal exigé pour tous les actifs risqués, durcit les conditions de financement et expose les emprunteurs fragiles devant se refinancer.
Effets de second ordre pour les investisseurs
- Valorisation des actions : les taux d’actualisation élevés touchent surtout les entreprises dont les flux de trésorerie sont lointains. La génération de cash à court terme gagne en valeur.
- Banques et crédit : des rendements d’actifs plus élevés peuvent soutenir les revenus d’intérêts, mais les moins-values latentes, la concurrence sur les dépôts et le stress des emprunteurs peuvent compenser cet avantage.
- Immobilier et infrastructures : le coût du refinancement et les taux de capitalisation comptent davantage que la seule croissance du chiffre d’affaires.
- Devises et allocation mondiale : la baisse du yen après la hausse de la BoJ montre que les attentes relatives et les flux de capitaux peuvent l’emporter sur une décision isolée.
- Secteurs sensibles à l’énergie : la baisse du pétrole aide le transport, mais un brut supérieur à 100 dollars reste un risque important pour les coûts et l’inflation.
Ce qu’il faut suivre
Les prochaines publications d’inflation, la persistance d’un pétrole supérieur à 100 dollars, le rendement américain à 10 ans autour de 5 % et les révisions de bénéfices dans les secteurs sensibles aux taux seront déterminants. Un scénario constructif combinerait énergie moins chère, spreads de crédit stables et croissance des profits. Un régime plus difficile associerait de nouvelles perturbations pétrolières, des taux plus élevés et des estimations de bénéfices en baisse.
La petite hausse hebdomadaire des actions mondiales n’est donc pas un feu vert général. Elle montre que les marchés absorbent encore le resserrement monétaire ; elle ne prouve pas que les valorisations et les bilans sont immunisés contre des taux durablement élevés.