Les cours du pétrole ont reculé le 19 octobre après l'assouplissement temporaire des restrictions américaines sur le commerce énergétique russe, qui pourrait permettre davantage d'exportations de diesel. À 06 h 19 GMT, le Brent perdait 2,1% à 107,57 dollars le baril et le WTI 1,9% à 99,46 dollars, selon Reuters. Ce repli intervient après un sommet de cinq mois pour le Brent vendredi : il traduit surtout une réduction de la prime géopolitique, pas la fin de la pénurie mondiale de carburants.
Ce qui a changé
L'Office of Foreign Assets Control du Trésor américain a publié le 9 octobre la licence générale 135, autorisant les opérations liées à la vente, la livraison, le déchargement et l'importation de diesel d'origine russe. Donald Trump a ensuite suspendu des sanctions et droits de douane prévus par le Graham Act pendant l'évaluation de leur impact économique.
Le calendrier annoncé commence par environ 2,3 millions de barils de diesel en octobre et monterait à près de 7,6 millions de barils par mois. Ces volumes peuvent détendre le marché des produits raffinés à la marge, mais ils ne constituent pas nécessairement une offre mondiale entièrement nouvelle : une partie des barils russes pourrait simplement être détournée d'autres acheteurs.
Pourquoi le marché reste tendu
L'accord porte sur le diesel, alors que le principal risque haussier pour le brut reste le trafic maritime au Moyen-Orient. Les données Kpler citées par Reuters montrent que les flux de brut du Golfe sont tombés à environ 8,5 millions de barils par jour sur sept jours, contre plus de 20 millions la semaine précédente, après au moins dix incidents impliquant des navires commerciaux.
Les fondamentaux américains expliquent aussi pourquoi les cargaisons russes pourraient ne pas normaliser rapidement les prix. Dans ses perspectives d'octobre, l'EIA indique que le diesel routier a coûté en moyenne 6,29 dollars le gallon en septembre et que les stocks de distillats de la côte Est étaient inférieurs de 32% à leur moyenne saisonnière sur cinq ans.
| Indicateur | Dernier signal | Enjeu pour l'investisseur |
|---|---|---|
| Brent | 107,57 dollars, -2,1% en séance | Reste proche d'un sommet de cinq mois |
| WTI | 99,46 dollars, -1,9% en séance | Sous 100 dollars, mais risque d'offre élevé |
| Diesel russe | Environ 2,3m de barils d'abord, puis 7,6m par mois | Soulagement marginal, pas solution complète |
| Flux du Golfe | Environ 8,5m b/j contre plus de 20m une semaine plus tôt | Risque de prix bien plus important |
Conséquences pour les investisseurs
Le scénario baissier suppose que les cargaisons russes arrivent réellement, que la demande ralentit et que le transit dans le Golfe se normalise. Les marges de raffinage du diesel pourraient alors se contracter et le brut reculer, ce qui allégerait l'inflation et les coûts du transport, de l'industrie et de la consommation.
Le scénario haussier suppose au contraire que l'accord redistribue surtout des barils existants tandis que les perturbations au Moyen-Orient persistent. Les raffineurs exposés aux distillats conserveraient alors de bonnes marges, mais les compagnies aériennes, la logistique et les industriels resteraient confrontés à des coûts élevés.
Le risque politique compte également. La dérogation fait l'objet de critiques bipartisanes et sa mise en œuvre dépend des règles de sanctions, du transport, de l'assurance, des ports et de la capacité de raffinage russe. Les volumes annoncés ne doivent donc pas être confondus avec des livraisons effectives.
À surveiller
La confirmation viendra des données de suivi des cargaisons, des stocks hebdomadaires américains de distillats et des marges de raffinage. Il faudra aussi surveiller le trafic maritime dans le Golfe, toute modification de la dérogation américaine et la capacité du Brent à rester au-dessus de 100 dollars.
Sources : Reuters via Euronext, 19 octobre 2026 ; Trésor américain - OFAC ; EIA américaine.