MSCI consulte le marché sur un test élargi des « sociétés non opérationnelles » qui pourrait rendre certains émetteurs riches en actifs inéligibles à ses Global Investable Market Indexes. Strategy et Metaplanet figurent parmi les sociétés citées dans les simulations rapportées autour du projet, mais aucune exclusion définitive n'a été annoncée. L'enjeu actuel est donc un risque de méthodologie, non une suppression actée.
La consultation s'est achevée le 30 septembre. MSCI prévoit de publier ses conclusions au plus tard le 16 octobre, avec une éventuelle mise en œuvre lors de la revue de novembre 2026.
Le fonctionnement du filtre proposé
MSCI appliquerait d'abord un filtre central pour déterminer si l'émetteur dispose d'actifs opérationnels substantiels. Les sociétés qui échouent seraient soumises à un second filtre reposant sur cinq ratios financiers. Une société signalée sur quatre des cinq ratios deviendrait inéligible.
Pour les membres actuels des indices, MSCI propose des marges sur les seuils et le calendrier, notamment l'obligation d'échouer lors de deux périodes consécutives avant une suppression. L'adoption du texte en novembre n'impliquerait donc pas nécessairement le retrait immédiat de tous les constituants identifiés par la simulation.
Appliquée aux données de mai 2026, la simulation rapportée aurait retiré Strategy, Metaplanet et l'investisseur en uranium Yellow Cake du MSCI ACWI IMI. Plusieurs sociétés auraient aussi rejoint une liste de surveillance. Une simulation n'est pas une mise en œuvre, et les ratios peuvent évoluer avant une revue réelle.
Pourquoi l’éligibilité indicielle compte
Une suppression peut provoquer des ventes mécaniques de la part des fonds répliquant l'indice et réduire la demande des gérants actifs liés à un benchmark. Son ampleur ne peut pas être déduite de la seule consultation : elle dépend du poids du titre, du flottant, des actifs répliquant les indices concernés et du calendrier d'exécution.
Le second effet concerne le financement. Strategy et Metaplanet utilisent les marchés de capitaux pour augmenter leurs réserves de Bitcoin. Un cours plus faible ou une liquidité réduite peut relever le coût des émissions et diminuer l'efficacité de futurs achats.
Au 26 juillet, Strategy déclarait 843 775 bitcoins, valorisés 54,77 milliards de dollars au cours de référence de ses résultats trimestriels. La société a aussi publié 122,4 millions de dollars de chiffre d'affaires trimestriel et une marge brute de 66,6 %, signes d'une activité logicielle opérationnelle malgré le poids du Bitcoin au bilan. Le suivi officiel de Metaplanet indique 43 000 bitcoins. Ces chiffres ne déterminent pas à eux seuls l'éligibilité : ce sont les ratios finaux et les marges de MSCI qui compteront.
Scénarios et points de surveillance
Le scénario constructif est que MSCI modifie ou rejette le projet, ou que les émetteurs satisfassent aux tests définitifs. Même après une suppression, les investisseurs actifs spécialisés pourraient absorber une partie des ventes passives.
Le scénario défavorable est une règle conduisant à une exclusion après la période tampon, à une liquidité moindre et à une compression de la prime sur la valeur nette des bitcoins. Les levées de capitaux deviendraient alors plus dilutives et l'accumulation pourrait ralentir.
- la décision de MSCI au plus tard le 16 octobre et les seuils définitifs ;
- l'application du tampon de deux périodes à chaque constituant actuel ;
- les poids indiciels et dates d'exécution publiés, plutôt que des estimations non sourcées ;
- les conditions d'émission d'actions et de titres préférentiels, ainsi que les échéances de dette ;
- la prime ou décote sur la valeur nette des bitcoins et la volatilité du Bitcoin ;
- le chiffre d'affaires opérationnel, les flux de trésorerie et la composition des actifs.
Sources : annonce de consultation MSCI, 3 août 2026 ; résultats T2 2026 de Strategy ; suivi Bitcoin de Metaplanet.