L’indice MOEX Russia a clôturé inchangé le 19 septembre, mais cette stabilité masquait une séance plus faible. Les valeurs en baisse ont dépassé les hausses par 142 à 86, tandis que 18 titres sont restés stables. Un indice pondéré par la capitalisation peut donc sembler résilient même lorsque la majorité du marché recule.
Rostelecom a mené les hausses de l’indice avec un gain de 0,41 % à 39,54 RUB, devant RusHydro (+0,38 %) et MTS (+0,34 %). À l’inverse, Novatek a perdu 0,98 % à 1 046,30 RUB, Severstal 0,92 % à 623,60 RUB et Alrosa 0,87 % à 19,30 RUB. L’indice de volatilité russe est resté à 33,97.
Signaux du pétrole et du change
La faiblesse de l’énergie a constitué la principale pression externe. Le Brent de novembre a reculé de 1,56 % à 103,19 dollars le baril et le WTI d’octobre de 2,34 % à 99,53 dollars. Pour un indice fortement exposé au pétrole et au gaz, la baisse du brut peut réduire les anticipations de chiffre d’affaires, les recettes d’exportation et la marge budgétaire, même si la fiscalité et les volumes diffèrent selon les sociétés.
Le rouble s’est légèrement renforcé : l’USD/RUB a baissé de 0,11 % à 84,42 et l’EUR/RUB de 0,27 % à 96,72. Un rouble plus fort réduit la valeur en monnaie locale des revenus étrangers des exportateurs, mais favorise les importateurs et peut atténuer l’inflation. Le change redistribue donc les bénéfices au sein de l’indice sans fournir un signal directionnel unique.
Attention à la mécanique de l’indice
La Bourse de Moscou a appliqué sa revue trimestrielle le 18 septembre, retirant Lenta et Mosenergo des indices MOEX Russia et RTS et modifiant les coefficients de flottant et de pondération de plusieurs sociétés. Autour d’un rééquilibrage, les flux des produits indiciels peuvent influencer certains titres et compliquer les comparaisons avec les séances précédentes.
Le MOEX Russia est libellé en roubles et pondéré par la capitalisation flottante. Pour un investisseur international, une performance nulle en roubles n’équivaut pas à une performance nulle en devise forte. Change, restrictions d’accès, conservation des titres et rapatriement des capitaux constituent des composantes distinctes du rendement réalisé.
Lectures haussière et baissière
Le scénario constructif est que l’indice a absorbé une forte baisse du pétrole sans reculer, grâce au soutien de grandes capitalisations et de la liquidité domestique. Les télécommunications et services aux collectivités ont aussi offert une diversification partielle.
Le scénario prudent souligne la détérioration de la largeur du marché. Avec 142 baisses contre 86 hausses, l’appétit pour le risque reste étroit. Une nouvelle faiblesse du pétrole, un rouble plus fort ou des coûts de financement domestiques plus élevés pourraient peser sur les bénéfices et dividendes des exportateurs. La faible liquidité de certains titres peut également accroître les coûts de transaction.
À surveiller
- Largeur du marché : participation des hausses ou propagation de la faiblesse aux principales pondérations.
- Brent et coûts de transport : le prix du brut et le coût des exportations déterminent ensemble l’économie réalisée.
- Sensibilité au rouble : revenus étrangers face aux coûts et passifs domestiques.
- Distributions : décisions des conseils, taux de distribution et politique publique.
- Accès et liquidité : spreads, volumes, règlement, sanctions et rapatriement des capitaux.
La séance relève de la consolidation, pas d’une preuve de résilience générale. Il faut distinguer la performance nulle de l’indice de sa faible largeur et analyser les sociétés individuellement, car leur sensibilité aux matières premières, au change et à la qualité du bilan varie fortement.
Sources : clôture du 19 septembre ; revue trimestrielle de la Bourse de Moscou. Image : Fitiss via Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.